À la découverte des patrimoines insolites de Rueil

Episode 2

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À la découverte des patrimoines insolites de Rueil
Episode 2

  • Les archives de Jeanine Charrat, danseuse et chorégraphe rueilloise d’exception

En 2016, les Archives municipales de Rueil-Malmaison ont reçu en don le fonds d’archives de Jeanine Charrat, danseuse et chorégraphe de plus de 50 ballets. Née en 1924 à Grenoble, elle devient, à 13 ans, une vedette de cinéma grâce au film de Jean Benoît-Lévy et Marie Epstein, La Mort du Cygne. Le tout Paris la surnomme alors « Le Petit Mozart de la danse ». Elle devient la partenaire de Serge Lifar, puis de Roland Petit. Fidèle à son image d’enfant prodige, elle réalise à seulement 19 ans sa première chorégraphie pour Jeu de Cartes, ballet d’Igor Stravinski. En 1955, elle forme sa propre compagnie et tourne à travers le monde.

En tant que chorégraphe, Jeanine Charrat explore des voies nouvelles : suspension des danseurs par des élastiques ou bien danse sur de la musique concrète. En 1961, sa vie bascule : dans un studio de télévision où elle tourne Les Algues, son tutu prend feu au contact d’un chandelier et l’artiste est très sévèrement brûlée. Après des mois d’opérations et de rééducations, elle reprend miraculeusement sa carrière. Habitante de Rueil-Malmaison depuis les années 1980, Jeanine Charrat est décédée en 2017. La Ville lui avait d’ailleurs rendu un hommage lors d’une soirée en novembre 1990 : l’une de ses chorégraphies majeures, Adame Miroir, avait été remontée pour l’occasion.


Archives municipales de Rueil-Malmaison.


Archives municipales de Rueil-Malmaison.

 

  • L’école Tuck-Stell : un édifice public « Art déco » au cœur de Rueil-Malmaison

Suite à l’urbanisation croissante du quartier de la Plaine dans les années 1920, la construction d’une nouvelle école devient alors nécessaire. Bienfaiteur de Rueil, Edward Tuck offre un terrain à la Ville. En 1932, le conseil municipal décide d’y faire construire un groupe scolaire composé d’une école pour les garçons, d’une pour les filles, d’une maternelle, d’une cantine et de logements pour les enseignants. En 1933, avant même la fin des travaux, il s’avère nécessaire de surélever les bâtiments pour abriter six nouvelles classes. Appelée à l’origine « Pasteur », l’école prend le nom de « Tuck-Stelll » en hommage à Edward Tuck et son épouse Julia Stell, décédée en 1928. L’édifice est officiellement inauguré le 23 septembre 1934. Il présente plusieurs aménagements modernes pour l’époque : des locaux bien éclairés et aérés, une salle de couture pour les filles, une salle de travail manuel pour les garçons, une salle de dessin, des appareils de gymnastique, des préaux couverts, etc. Certains espaces sont ornés de décors en mosaïques « Art déco » remarquables, comme les carrelages des préaux ou bien la fontaine ornant le vestibule d’entrée de la maternelle.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les armées allemandes occupent l’école des filles et la maternelle. Malgré les nombreuses interventions du maire, elles y restent jusqu’en août 1944, détruisant partiellement les bâtiments au moment de leur départ. L’école est plusieurs fois agrandie, notamment dans les années 1960 et 1970 ; elle accueille aujourd’hui plus de 900 élèves.


Carte postale, années 1930, Musée d’Histoire locale.


Fontaine du vestibule de l’école maternelle, 2019, cl. Ville de Rueil-Malmaison.

 

  • Le Printemps, Biscuit de la Manufacture de Sèvres, Musée d’Histoire locale

Ce biscuit en porcelaine a été réalisé d’après un modèle d’Anie Mouroux (Mélanie, Anaïs Émilie Mouroux, dite Anie Mouroux, 1887-1978), sculptrice et médailleuse française, en 1926. Ancienne élève de l’École des Beaux-Arts de Paris, elle obtient le deuxième Grand Prix de Rome de gravure en 1919. Elle expose au Salon des artistes français dès 1908. Sa première collaboration avec le monde de la céramique a lieu avec la Manufacture de Sèvres ; elle se tourne par la suite vers les manufactures quimpéroises.

Mesurant 29 cm, ce biscuit représente une allégorie du Printemps, sous les traits d’une jeune femme portant à chaque bras de larges corbeilles de fleurs. L’ensemble de la sculpture est très graphique et est typique du style « Art Déco ».

Spécialité de la Manufacture de Sèvres depuis le XVIIIe siècle, un biscuit est une pâte céramique cuite à haute température et sans glaçure (ou émaillage) : il se caractérise par sa blancheur et son aspect mat. Par métonymie, le biscuit désigne la sculpture de taille moyenne réalisée dans ce matériau.


Musée d’histoire locale de Rueil-Malmaison.

 

Pôle Culture -Service des Sites patrimoniaux.