Pour fêter cette fin d’année si particulière, vous trouverez le dernier article de 2020 de la rubrique "En Lumière" du site des Archives communales de Rueil-Malmaison ! Et quoi de mieux que de parler des fêtes de fin d’année.

NOËL EN GUERRE, LES COLIS DE NOËL AUX SOLDATS DE RUEIL

Qui dit fin de l’année, dit fêtes de Noël et du Nouvel An, pour le plaisir des uns et des autres et tout particulièrement les enfants. Il y a 100 ans, les familles françaises fêtaient déjà Noël. Ce n'était plus seulement une fête religieuse mais surtout une fête familiale. La façon de fêter Noël dépendait évidemment des revenus des parents et des coutumes qui variaient selon les régions de France. L'équipe des Archives municipales de Rueil-Malmaison se penchent donc ce mois-ci sur les « colis de Noël aux soldats ».

Par Julie VAVON, archiviste

De quoi s'agit-il ? De l'envoi de colis de Noël de la part de la Mairie de Rueil-Malmaison à ses soldats et prisonniers en Allemagne durant la 2nde Guerre mondiale, puis ses soldats « appelés » servant lors des conflits d'après-guerre, en Afrique du Nord notamment. Les premières réflexions menées sur les conditions de détention des prisonniers de guerre ont lieu durant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, où plus de 300 000 Français sont prisonniers en Allemagne. Plusieurs Comités de secours, dont un à Rueil, sont mis en place sur le territoire. Ils convoient et distribuent du matériel sanitaire, des médicaments, des vêtements et des chaussures aux prisonniers. Ces expériences aboutissent à la réglementation de La Haye de 1899 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre. L’article 7 reprend le principe que les prisonniers puissent bénéficier d’une alimentation semblable à celle de la troupe. Élément central du futur développement du secours par colis alimentaire. Plus tard, les « Œuvres de guerre » (créées par la loi du 30 mai 1916 et le décret du 18 septembre 1916) créent réellement une administration des soins, des pensions et secours attribués aux militaires (prisonniers) et à leurs familles, mais aussi à l'envoi de colis.

DURANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Au début de la Première Guerre mondiale, en août 1914, on avait dit aux soldats (qu'ils soient de France, d'Allemagne ou d'autres pays) : « Vous serez rentrés pour Noël ». Personne alors ne pensait que la guerre allait durer quatre longues années. Le 24 décembre 1914, à certains endroits du Front, des soldats français, allemands et écossais ont fait une trêve des combats, punie pour « fraternisation avec l'ennemi ».

Les Noëls suivants, dans les zones de combats, les soldats tentent de fêter les Noël comme ils le peuvent. Les fêtes de Noël sont souvent l'occasion pour recevoir des colis de leurs familles. Les colis contiennent des vêtements (chaussettes tricotées, gants et bonnets, ceintures de flanelle et souliers chauds) et de l'alimentation transportables, mais aussi des articles d'hygiène, des cigarettes, papier, tabac, livres, bougies, allumettes et petite monnaie ou des livres. Les colis sont essentiels des deux côtés. Pour les familles, l’absence prolongée des hommes qui mine la vie du foyer, est en partie palliée par ces paquets-poste. Et tout comme les lettres, les colis maintiennent le moral du soldat. L'arrivée des colis est pour eux un moment d'une grande importance à la fois synonyme de joie, de réconfort mais également de partage. Dès le début du conflit, l'envoi et la réception des lettres et des colis s'impose comme un enjeu de défense nationale. Le colis postal apparaît également comme un instrument de mobilisation au service de la guerre totale. Comme le souligne l’historienne Annette Becker, « écrire, recevoir du courrier, des colis, c’est rester en première ligne affective […], c’est continuer à appartenir à sa famille, son village, sa nation ». L'envoi de lettres du front est gratuit. C'est ce qu'on appelle la franchise militaire (FM). Fin 1918, un rapport militaire indique que 8 milliards d’objets de correspondance ont circulé en franchise en France. C'est durant la 1ère Guerre mondiale que se construit le socle de popularité de celui qui devient alors le plus aimé des fonctionnaires de France : le facteur.

Le colis de Noël est d'abord une initiative familiale et/ou caritative, mais avec la guerre qui se prolonge, ces initiatives privées sont rejointes par celles de l’État. A la fin de l’année 1914, 20 maires d'arrondissements de la capitale créent un comité d’action pour « le Noël et les étrennes de Paris aux soldats et aux prisonniers ». Leur action étant d’envoyer des colis de denrées non périssable et « des douceurs » de toutes sortes aux combattants du front.

Plusieurs communes de France se lance dans l'envoi à leurs soldats d'un colis de Noël. La population étant sensibilisée aux difficultés de vie des soldats, les moments « importants » comme Pâques, le 14 juillet, la fête de Noël deviennent des moments de solidarité de l’arrière. Les archives municipales n'attestent pas de ce phénomène à l'échelle de Rueil-Malmaison. Cependant, on sait qu'un Comité de Secours crée par la Mairie durant le conflit organise de nombreuses représentations de bienfaisances, des collectes de vêtements, vivres et argents au profit des soldats et déshérités rueillois.

DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE

L'armistice du 22 juin 1940 condamne plus d'1,5 millions d'hommes à rester en captivité en Allemagne, en Oflag ou Kommando. L’article 20 stipule : « les membres des forces armées françaises qui sont prisonniers de guerre de l’armée allemande resteront prisonniers de guerre jusqu’à la conclusion de la paix ».  Ces prisonniers de guerre ont le droit de recevoir des colis de leur famille restée en France, à hauteur de 3 colis de 5kg par mois.

D'après les sources, les prisonniers de guerre organisent des célébrations de Noël dans leurs camps durant les cinq années de captivité. Ils as